À l’occasion de l’événement I-expo Data Intelligence Forum Documation 2025, organisé le 20 mars à Paris Porte de Versailles, une table ronde réunissant quatre intervenants d’exception a permis de dresser un état des lieux éclairé et d’ébaucher les contours d’une adaptation nécessaire.
Dans un monde où l'intelligence artificielle (IA) prend une place prépondérante dans de nombreux domaines, les pratiques de veille se retrouvent confrontées à une profonde transformation. Entre opportunités prometteuses et défis complexes, les professionnels de la veille, qu’ils soient issus du secteur public, des médias ou du privé, doivent désormais naviguer dans un univers où les enjeux technologiques, éthiques et juridiques sont au cœur de leur réflexion. Modérée par Philippe Masseron du GF2I.
Dans un monde où l'intelligence artificielle (IA) prend une place prépondérante dans de nombreux domaines, les pratiques de veille se retrouvent confrontées à une profonde transformation. Entre opportunités prometteuses et défis complexes, les professionnels de la veille, qu’ils soient issus du secteur public, des médias ou du privé, doivent désormais naviguer dans un univers où les enjeux technologiques, éthiques et juridiques sont au cœur de leur réflexion. Modérée par Philippe Masseron du GF2I.
L’IA et les droits d’auteur : perspectives des ayants-droits
Sandra CHASTANET, Directrice du département Ayants-droits et Affaires Internationales au CFC, a ouvert le débat en rappelant que l’IA, bien qu’elle soit un levier de progrès, suscite des problématiques inédites pour les détenteurs de droits d’auteur. "Avec l’automatisation des contenus, nous faisons face à des défis de taille : distinguer ce qui relève du domaine public et ce qui est protégé devient une tâche complexe et essentielle."
Sandra Chastanet a évoqué des cas concrets où des générateurs de contenus basés sur l’IA ont utilisé des œuvres protégées sans autorisation, illustrant ainsi l’urgence de définir des stratégies de licences adaptées. Par exemple, dans le domaine de l’édition, des articles entiers ont été reproduits et intégrés dans des bases de données sans rétribution aux auteurs. En tant que membre actif de l'IFRRO et de la PDLN, elle travaille sur des initiatives internationales visant à harmoniser les pratiques de licences, notamment en Australie et au Canada, où des progrès significatifs ont été réalisés.
Sandra Chastanet a évoqué des cas concrets où des générateurs de contenus basés sur l’IA ont utilisé des œuvres protégées sans autorisation, illustrant ainsi l’urgence de définir des stratégies de licences adaptées. Par exemple, dans le domaine de l’édition, des articles entiers ont été reproduits et intégrés dans des bases de données sans rétribution aux auteurs. En tant que membre actif de l'IFRRO et de la PDLN, elle travaille sur des initiatives internationales visant à harmoniser les pratiques de licences, notamment en Australie et au Canada, où des progrès significatifs ont été réalisés.
Des outils de veille révolutionnés par l’IA
Mickael REAULT, CEO de Sindup, a mis en lumière le rôle structurant que joue l’IA dans les outils de veille stratégique. Selon lui, l’IA ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme une alliée : "Elle permet de traiter une masse d’informations colossale en un temps record, libérant ainsi les experts pour des analyses plus approfondies."
Sous la direction de Mickael, Sindup a développé des solutions innovantes, dont une collaboration récente avec une entreprise pharmaceutique. Cette dernière a utilisé l’IA pour surveiller des tendances dans la recherche médicale, anticipant ainsi les besoins du marché tout en respectant les droits sur les études scientifiques publiées. Cependant, Mickael a souligné l’importance d’accompagner ces transformations par des formations : "Les entreprises doivent maîtriser l’outil et rester vigilantes quant à l’utilisation éthique des contenus."
Sous la direction de Mickael, Sindup a développé des solutions innovantes, dont une collaboration récente avec une entreprise pharmaceutique. Cette dernière a utilisé l’IA pour surveiller des tendances dans la recherche médicale, anticipant ainsi les besoins du marché tout en respectant les droits sur les études scientifiques publiées. Cependant, Mickael a souligné l’importance d’accompagner ces transformations par des formations : "Les entreprises doivent maîtriser l’outil et rester vigilantes quant à l’utilisation éthique des contenus."
Le secteur public face aux défis de l’IA
Mathieu ANDRO, animateur du réseau de veille au Centre de documentation des services du Premier ministre, a apporté un regard institutionnel sur ces enjeux. Il a insisté sur la nécessité de protéger les données sensibles tout en intégrant l’IA dans les processus publics : "Nous devons maintenir un équilibre entre innovation technologique et sécurité des informations."
Mathieu a partagé un exemple concret : un projet pilote visant à automatiser la veille institutionnelle, tout en mettant en place des règles strictes pour garantir la confidentialité. Il a également plaidé pour une veille collaborative entre les ministères, avec l’idée de centraliser les savoirs et d’optimiser les ressources. Ce partage d’expertise est devenu un levier stratégique pour surmonter les défis spécifiques au secteur public.
Mathieu Andro a évoqué un obstacle majeur auquel les veilleurs sont actuellement confrontés : la récente rupture de contrat entre certains grands groupes de presse et le CFC. Ce contexte complique considérablement la surveillance automatisée et exhaustive des publications. Selon lui, cet enjeu juridique est l'une des raisons clés qui poussent les veilleurs à s'équiper de plateformes professionnelles adaptées.
En attendant une résolution positive des négociations en cours, Mathieu a exprimé l'espoir que les éditeurs continueront à permettre l'activité des robots déclarés par leurs abonnés, assurant ainsi une veille structurée et efficace malgré les contraintes actuelles.
Mathieu a partagé un exemple concret : un projet pilote visant à automatiser la veille institutionnelle, tout en mettant en place des règles strictes pour garantir la confidentialité. Il a également plaidé pour une veille collaborative entre les ministères, avec l’idée de centraliser les savoirs et d’optimiser les ressources. Ce partage d’expertise est devenu un levier stratégique pour surmonter les défis spécifiques au secteur public.
Mathieu Andro a évoqué un obstacle majeur auquel les veilleurs sont actuellement confrontés : la récente rupture de contrat entre certains grands groupes de presse et le CFC. Ce contexte complique considérablement la surveillance automatisée et exhaustive des publications. Selon lui, cet enjeu juridique est l'une des raisons clés qui poussent les veilleurs à s'équiper de plateformes professionnelles adaptées.
En attendant une résolution positive des négociations en cours, Mathieu a exprimé l'espoir que les éditeurs continueront à permettre l'activité des robots déclarés par leurs abonnés, assurant ainsi une veille structurée et efficace malgré les contraintes actuelles.
Les médias et l’innovation à l’ère de l’IA
Enfin, Caroline DE LA VEZE, Responsable du Développement et de la diffusion de contenus numériques au Parisien, a exploré les opportunités inédites qu’offre l’IA pour le secteur médiatique. "L’IA redéfinit nos pratiques de veille et de diffusion, mais elle nous pousse également à repenser la manière dont nous protégeons nos contenus."
En intégrant des algorithmes capables d’analyser les préférences des lecteurs, Le Parisien a réussi à personnaliser ses offres tout en respectant les règles sur les données personnelles. Caroline a également mentionné un reportage enrichi grâce à l’IA, avec des infographies interactives en temps réel, témoignant de l’impact positif de ces technologies sur la production de contenus.
En intégrant des algorithmes capables d’analyser les préférences des lecteurs, Le Parisien a réussi à personnaliser ses offres tout en respectant les règles sur les données personnelles. Caroline a également mentionné un reportage enrichi grâce à l’IA, avec des infographies interactives en temps réel, témoignant de l’impact positif de ces technologies sur la production de contenus.
Conclusion : L’IA transforme profondément les pratiques de veille.

Si elle offre de nombreuses opportunités, elle pose également des défis importants en matière d’éthique et de protection des droits. Les intervenants de cette table ronde appellent à une adaptation rapide pour tirer parti des innovations tout en respectant les cadres juridiques. Si le secteur de la veille a été fortement touché ces dernières années, elle demeure vivante..